LE TRAJET
La Milford Road, étape par étape
Les 119 km depuis Te Anau font déjà la moitié de l’expérience : la vallée Eglinton, les Mirror Lakes, Monkey Creek, le tunnel Homer, les kea, et les gorges de The Chasm.
Check dates and availability ↗La route n'est pas un transfert
La Milford Road — les 119 derniers kilomètres de la State Highway 94 au départ de Te Anau — compte parmi les plus belles routes du monde, et la traiter comme un simple trajet entre Queenstown et le bateau est l'erreur la plus courante que commettent les visiteurs. Elle s'élève depuis la région des lacs à travers forêts de hêtres et vallées glaciaires, jusqu'à ce que les montagnes se referment complètement, et toutes les vingt minutes, une raison de s'arrêter se présente. Il n'y a pas de station-service entre Te Anau et Milford : faites le plein avant de partir. Le taux d'accidents corporels sur cette route est nettement supérieur à la moyenne nationale — étroite, spectaculaire, et sujette à des changements de météo rapides. Prenez votre temps. Un circuit en petit groupe guidé prend ici tout son sens, car un chauffeur qui parcourt cette route quotidiennement sait quels arrêts valent vingt minutes dans les conditions du jour, et lesquels n'en valent pas la peine.
Te Anau et dans la vallée de l'Eglinton
Après Te Anau Downs, la route s’engage dans la vallée de l’Eglinton, un large cirque glaciaire au fond plat où la chaussée file en ligne droite entre des parois de montagnes boisées — une vallée en U classique, témoignage parfait de la glace qui l’a jadis façonnée. Sur le plat de la vallée, un arrêt bien connu offre un panorama où l’herbe court jusqu’aux sommets des deux côtés ; sous la bonne lumière, c’est l’un des spots les plus photographiés de tout le trajet. C’est aussi ici que l’on sent la transition entre les touffes d’herbe et les terres agricoles autour de Te Anau et la profondeur du Fiordland : la forêt s’épaissit, les pics s’affinent, et le réseau téléphonique disparaît pour le reste de la journée. Ce tronçon donne le ton pour tout ce qui suit, et il se savoure mieux à allure tranquille, sans se presser.
Lacs Miroirs et lac Gunn
Deux arrêts rapides se démarquent dans la section centrale. Mirror Lakes est une passerelle de cinq minutes menant à un ensemble de petits lacs de kettle qui, par temps calme, offrent un reflet inversé parfait des Earl Mountains — un panneau est même planté pour être lu dans le reflet. Le vent ou la pluie aplatit l'effet, c'est donc une affaire de matin serein. Un peu plus loin, Lake Gunn se niche dans une forêt mature de hêtres rouges, et le court sentier nature Lake Gunn Nature Walk serpente à travers des arbres moussus pleins de chants d'oiseaux — rouges-gorges, queues-de-fan et, si vous avez de la chance, le kaka, proche du perroquet. Ce sont des haltes rapides plutôt que des destinations, mais ce sont celles qui vous montrent Fiordland au niveau du sol, entre les grandes vues spectaculaires depuis la route.
The Divide, Monkey Creek et la montée vers Homer
The Divide est le col est-ouest le plus bas des Alpes du Sud et le point de départ de randonnées populaires comme Key Summit, où une ascension de quelques heures ouvre un panorama sur trois systèmes de vallées. Passé ce point, la route descend vers le haut Hollyford, puis remonte vers la selle Homer, et c'est là que le paysage devient véritablement alpin : roche nue, vallées suspendues, cascades dégringolant le long de parois abruptes, et au printemps, de vastes champs de neige au-dessus de la route. Monkey Creek, un ruisseau alimenté par un glacier au bord de la route, est une halte traditionnelle pour remplir une bouteille avec l'eau la plus pure que vous boirez jamais. Puis les parois de la vallée convergent vers ce qui semble être un cul-de-sac complet — un mur de montagne solide sans aucune issue visible.
Le tunnel Homer et le kea
Le passage est le tunnel Homer : 1,2 km percé en ligne droite à travers la roche, son portail est à 945 mètres, descendant à un gradient d'environ 1:10 vers Milford. Les travaux commencèrent en 1935 et il n'ouvrit qu'en 1953 — il est non revêtu, taillé à la brute, faiblement éclairé et raide, et y pénétrer en voiture donne l'impression d'entrer dans la montagne elle-même. En pleine saison estivale, les feux de circulation retiennent une direction à la fois, une attente pouvant atteindre environ 20 minutes au portail, et c'est pendant cette attente que la plupart des gens rencontrent le kea : les espiègles perroquets alpins qui patrouillent le parking en inspectant les rétroviseurs et les joints en caoutchouc avec un réel intérêt. Ne les nourrissez pas — cela leur nuit et encourage l'habitude qui les fait tuer sur la route. En hiver, les feux sont éteints, car faire la queue sous risque d'avalanche n'est pas sûr.
La vallée de Cleddau et The Chasm
À la sortie côté Milford, c'est l'une des plus grandes révélations du voyage : la route descend en lacets dans la vallée de Cleddau, la forêt tropicale tempérée se refermant au-dessus, des cascades partout après la pluie. L'unique halte incontournable ici est The Chasm, une promenade en forêt de dix minutes menant à des passerelles sur la rivière Cleddau, où l'eau a foré et sculpté la roche en marmites et tunnels lisses — le bruit et la force dans cet étroit couloir de pierre sont saisissants, surtout en crue. De là, c'est une courte course jusqu'au fjord lui-même. Si vous avez bien calculé votre temps, vous arrivez avec les parois de Milford s'ouvrant devant vous et le bateau qui attend ; si vous vous êtes précipité, vous avez manqué l'essentiel, car l'arrivée est censée se mériter par tout ce que la route vous a fait traverser.